Moins de 10% de tout le plastique mis en circulation depuis 1950 a été recyclé

Moins de 10% de tout le plastique mis en circulation depuis 1950 a été recyclé

Vous triez vos déchets? Bravo ! Mais savez-vous ce qui sera réellement recyclé ou pas ? Le décyclage, ça vous dit quelque chose ? On vous explique tout  !

Quel est le problème ?

On nous fait croire depuis des décennies que trier constitue le geste exemplaire en matière de gestion des déchets. Ces dernières années, heureusement, ce message est largement nuancé, tant par les pouvoirs publics que par les associations de défense de l’environnement. La prévention et la réutilisation sont ramenés en premières places sur l’échelle de gestion des déchets (l’échelle de Lansink). 

Croire au geste de tri, c’est imaginer que le recyclage des déchets soit possible, fiable, efficace, voire les trois à la fois. En y regardant de plus près, cette hypothèse est bien utopiste.

Premièrement, recyclable ne veut pas dire recyclé. Les filières de recyclage n’existent pas pour tous les produits. Plusieurs plastiques, comme le polypropylène souple (constituant les couvercles de tasse à emporter ou les fardes), bien que théoriquement recyclables, ne sont pas recyclés du tout par manque de technique ou de débouchés. Un grand nombre de déchets, et surtout de plastiques, sont aussi exclus d’emblée des filières de recyclage de par leur nature : ils sont composés de plusieurs couches de matériaux difficilement dissociables (un déodorant métallique enroulé d’une étiquette plastique bien collée et capuchonnée d’un autre plastique), sont constitués de colorants ou d’additifs non recyclables (bouteilles de Perrier rouges pour des besoins de marketing) ou posent problème pour les machines (films plastiques susceptibles de s’enrouler). En France, plus d’un million de tonnes d’emballages plastiques sont mises sur le marché chaque année dont la moitié ne dispose d’aucune possibilité de recyclage effectif [1]. Chez nous, le sac P+MC permet de trier toujours plus de plastiques, des plastiques qui sont actuellement stockés en attente de solutions de recyclage ou de débouchés [2]!

Le mot, et surtout le sigle, du recyclage est quant à lui bien trompeur ! Reproduire à l’infini la même matière, avec les mêmes propriétés et la même valeur est impossible pour quasi tous les flux de déchets existants. Les plastiques, papiers et cartons que nous recyclons entrent dans des procédés que nous devrions appeler du décyclage. A chaque passage dans la boucle de traitement, le produit perd en qualité. Le papier vierge est transformé en papier recyclé qui deviendra du papier journal puis terminera en papier toilette. Les bouteilles plastiques sont recyclées en vêtements polaires. Ce biais du système ne fait que retarder le moment de l’incinération ou de la mise en décharge de nos objets de consommation. Et lorsque les matières sont considérées comme de trop mauvaise qualité, le problème est externalisé en Asie du sud-est [3]. 

Finalement, des matières comme le verre et certains métaux, sont recyclables “à l’infini” avec des pertes relativement réduites. Si c’est une bonne nouvelle pour la réserve de nos ressources, n’oublions pas que les étapes de traitement ne sont pas inoffensives. Elles nécessitent du transport, des machines et de l’énergie. 

On en revient donc au basique : le meilleur déchet est celui qui n’existe pas !

Quelles sont les solutions ?

Pour éviter les emballages en plastique, qui causent le plus de problème au niveau du recyclage, passez au vrac. Il existe plus de 300 magasins de vrac en Belgique, l’un d’entre eux se trouve certainement près de chez vous. Trouvez-le sur la carte de Zéro Carabistouille [4]. Même si la crise sanitaire a engendré un compréhensible retour en arrière, il est encore possible d’apporter ses propres contenants chez les commerçants. L’ASFCA ne l’interdit pas [5]! Les boulangers, bouchers, poissonniers,… qui acceptent de vous servir sans emballages sont en partie répertoriés sur la carte Contenants Bienvenus [6] de Zero Waste Belgium.  

Pour un produit emballé, il est préférable de choisir les emballages les plus simples, faits d’une seule matière et les moins colorés possible.  Si l’option du verre est présente, favorisez-la et sans hésiter s’il est consigné.  On compte quatre fois moins de consommation d’énergie primaire, des émissions de gaz à effet de serre divisées par cinq et un tiers d’eau économisé pour 20 réutilisations des bouteilles en moyenne [7]. Bien que trop discret, le petit logo de la consigne fait toute la différence dans le choix d’un produit ! A ne pas confondre avec celui du type de plastique ou de la responsabilité élargie du producteur…

 

Quelles actions puis-je mettre en place ?

Action débutant : J’achète du savon et du shampoing solide pour éviter les emballages plastiques.

Action moyen : Je n’achète plus de nouveaux produits d’entretien – soit je remplis mes contenants, soit je me lance dans des recettes faites maison

Action avancée : Je vérifie à chaque achat de produits contenus dans du verre si une alternative consignée n’existe pas.

 

Sources et liens :

[1]: Recyclage : le grand enfumage : Comment l’économie circulaire est devenue l’alibi du jetable, Flore Berlingen, 2020.

[2]: https://bit.ly/3lZ07uE

[3] : https://www.zerowastefrance.org/rapport-pollutions-exportation-plastique-asie/

[4] :https://zerocarabistouille.be/tag/magasin-vrac/

[5] : http://www.afsca.be/consommateurs/viepratique/achats/propreemballage/

[6]: http://www.zerowastebelgium.org/fr/autocollant-contenants-bienvenus-2/

[7] : https://www.zerowastefrance.org/retour-consigne-peine-revenir-france/


Zero Waste Belgium

Zero Waste Belgium est une association bénévole qui sensibilise aux problématiques liées aux déchets et au gaspillage en Belgique. Elle propose des solutions simples et accessibles à tous (citoyens, entreprises, pouvoirs publics) pour réduire la production de déchets et diminuer notre empreinte sur l’environnement.